Innover pour sortir de la pauvreté
Par montbeliard • 27 avr 2009 • Catégorie: Les états généraux du FuturMichel Wieviorka, président de l’association internationale de sociologie, a donné une conférence sur « Les solidarités face à la pauvreté », vendredi 24 avril, au Théâtre de Montbéliard.
Pour Michel Wieviorka, la pauvreté dans nos sociétés occidentales, même si elle est exacerbée par la récente crise financière, est la conséquence d’une mutation dans l’organisation du travail qui a commencé au début des années 1970. La fin du taylorisme a eu un impact énorme, notamment sur les emplois non qualifiés, conduisant à un chômage de masse amplifié par les chocs pétroliers, puis, après la fin de la guerre froide, par la mondialisation et ses délocalisations industrielles.
Autre évolution : alors que dans les 30 glorieuses les personnes les plus pauvres étaient souvent les O.S., des prolétaires insérés dans un environnement social – entreprise, syndicats-, la nouvelle pauvreté se caractérise par une exclusion de la société et par une disqualification de l’individu. En clair, le pauvre est responsable de ne pas retrouver un travail qui n’existe pas.
Face à ces évolutions, diverses solidarités ont vu le jour. L’Etat français a notamment mis en place le RMI et a engagé, avec les collectivités territoriales, toute une série de politiques sectorielles en matière d’emplois aidés, de logement ou de santé. L’économie solidaire – 10% des emplois en France et 10% du PIB mondial- a apporté certaines réponses, et on a vu fleurir des réseaux de solidarités locales – notamment dans la Russie post soviétique- qui pallient à l’incapacité de l’hypercapitalisme a fournir des emplois pour tous.
Pour sortir de cette situation dramatique – 8 Millions de pauvres en France, un chômage des moins de 25 ans endémique-, Michel Wieviorka, après avoir rappelé que les actions collectives ne réussiront pas si elles se bornent uniquement à lutter contre la pauvreté et l’exclusion, prône l’invention de nouvelles formes d’organisation de la société, notamment au niveau de la production, de la consommation et d’une meilleure prise en compte de la dimension microéconomique et locale de la solidarité.
